Frissons d’Horreur (Armando Crispino)
Par Sylvain PERRET • 9 avr 2008 • Categorie: Films 1Kult • Contacter l'auteurDepuis quelques jours, une étrange vague de suicides secoue Rome. Simona Sanna, une jeune médecin légiste, commence à avoir d’étranges visions…

Annoncé il y a quelques jours sur ce site, et dès à présent disponible en presse avec le magazine Mad Movies, Frissons d’horreur est un petit giallo de 1973 qui se révèle assez intéressant et ce par plusieurs points, malgré quelques défauts.
Armando Crispino, déjà à la tête du giallo The Dead are Alive l’année précédente, revient au genre mais de manière atypique, en y ajoutant habilement des éléments fantastiques. Précisons que le titre original, Macchie Solari, désigne des tâches solaires, qui pousseraient certaines personnes au suicide. Il est permis d’en douter, même si le réalisateur prend la chose très au sérieux. La traduction française tente de suivre le succès du film de Dario Argento Les Frissons de l’angoisse.
Mimsy Farmer (Le Parfum de la dame en noir, 4 mouches de velour gris, la Traque, Deux Hommes dans la ville…)interprète Simona, une jeune étudiante préparant une thèse sur le suicide. Côtoyant ainsi les morgues, elle va petit à petit perdre la raison, et devenir frigide.
Les délires de l’actrice – qui semble malheureusement peu concernée par ce rôle – sont pourtant efficaces et véritablement dérangeants : La série de suicides du début vraiment éprouvants, les morts se lèvent et font l’amour, les scènes de sexe montrent Simona et le prêtre enlacés, les tâches solaires qui ponctuent le film d’un sentiment de mal à l’aise…

Le réalisateur mélange alors ces différents éléments afin de laisser suinter de doute et d’étrange Frissons d’horreur, contournant ainsi les codes du giallo, où le spectateur ne sait même plus si le personnage auquel il s’identifie est coupable ou non, et ce à plusieurs reprises.
Pratiquement tout est fait pour que le spectateur perde pied dans un onirisme envoutant et malsain. La musique d’Ennio Morricone fait une fois encore des merveilles, en utilisant des bruits dont on ne sait si il s’agit de cris d’orgasmes ou de terreur. Les seconds couteaux Ray Lovelock et Barry Primus raviront les fans de cinéma transalpin.
Malheureusement, le scénario trop ambitieux trébuche à plusieurs moments, et au final le spectateur est plusieurs fois perdu dans un découpage approximatif et décousu. De plus, la fin du film laisse penser que même si Crispino est très inspiré dès qu’il s’agit d’enchaîner le macabre ou le suspense, il semble clairement moins à l’aise lors des scènes de narration classique, qu’il filme de manière trop traditionnelle. Nous avons plusieurs fois le sentiment que Crispino a imaginé plusieurs séquences délirantes, qu’il avait ensuite éparpillé au cours du film.
Plusieurs grands moments ponctuent le métrage, et même si ce film ne s’adresse pas au néophyte du genre, il ravira néanmoins les fans du giallo et les curieux qui attendront le twist final avec un plaisir coupable.

La revue Mad Movies a sorti avec son numéro du mois d’avril 2008 Frissons d’Horreur d’Armando Crispino. Ce film, déjà paru chez Blue Underground est inédit sur support numérique chez nous. La copie vendue avec le mensuel est propre et possède une piste audio française et italienne, ainsi qu’un sous-titrage dans notre langue.
FICHE DU FILM
TITRE(S) : Frissons d’horreur (Macchie Solari/Autopsy)
RÉALISATEUR : Armando CrispinoANNÉE : 1975 | PAYS : Italie | GENRE : Giallo

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