The Fall (Tarsem Singh)
Par Sylvain PERRET • 23 jan 2009 • Categorie: Films 1Kult, Focus • Contacter l'auteurIl est difficile de critiquer un film comme The Fall. Possédant aucun équivalent, voilà probablement un des meilleurs films de ces dix dernières années, et l’édition bluray en import justifie à lui seul l’investissement dans le support. Bien évidemment, une fois de plus ce chef d’œuvre est scandaleusement, honteusement invisible sous quelque forme que ce soit dans notre bon pays de la Culture et du septième art.
Ce film est par essence le Cinéma. Datant de 2006, il a pourtant de quoi vendre des places. Sur le générique, les noms de Spike Jonze et David Fincher ouvrent le voyage. Excusez du peu. Et la bande annonce à elle seule laisse découvrir si ce n’est un scénario intéressant (ce qui est plus que le cas) au moins une œuvre de la portée de Baraka, auquelle elle se réfère.
Le réalisateur indien Tarsem Singh est connu pour The Cell, aux qualités graphiques indéniables, mais au récit simpliste et raté. Il était dès lors possible de se méfier de The Fall qui pouvait très bien prendre la même voie. Ce n’est heureusement pas le cas ici.
Que raconte The Fall ? L’histoire d’une petite fille à l’hôpital dans les années 20 à Los Angeles qui va s’attacher à un patient qui a perdu l’usage des jambes à la suite d’une cascade. (Lee Pace de Pushing Daisies) Celui-ci va commencer à lui raconter un conte. Dès lors, nous devenons spectateur de cette légende grandiose. Le pari est dès lors osé : comment faire rêver à la fois une enfant comme un adulte ? Grâce à une mise en image somptueuse et à la puissance rarement atteinte auparavant. C’est bien simple, lorsque le métrage retourne dans cette chambre d’hôpital, la jeune héroïne et le spectateur se sentent frustrés.
Mais c’est là où le film prend son ampleur, bifurquant sur des thèmes plus noirs. Bien plus complexe que ce que laisse paraître ce résumé futile (ce film se vit, il ne peut sincèrement se raconter en un paragraphe) les thèmes abordés deviennent nombreux dont un des plus fort est l’acte de création. Ce que raconte le narrateur est intimement lié au regard que la petite fille porte à sa propre vie à l’intérieur de cet hôpital. Dès lors l’onirisme, l’imaginaire et la réalité fusionnent dans un maelstrom de fantasmes, de frustrations et de solitude.
Il est une fois de plus incroyable de constater que les plusieurs niveaux de lecture fonctionnent aussi bien chez un enfant mais aussi chez un adulte. Car là où le tout pouvait devenir rapidement infantile et naïf chez un réalisateur lambda devient un véritable œuvre cinématographique, accompagné par la symphonie de Beethoven. D’ailleurs le film n’en est-il pas une lui aussi ?
Et parmi les autre thèmes abordés, le réalisateur parle de l’art et du Cinéma au sens propre, citant au passage des films comme Baraka (le réalisateur Indien reprend de vrais rites tribales d’Asie, d’où une fausse polémique de plagiat…), mais aussi l’univers de Jodorowski. Et donc en découle des réflexions sur la manipulation, l’acte de création, la paternité d’une œuvre, les trucs et trucages qui sont jusqu’à la dernière réplique en off d’une force telle que certains d’entre vous verseront une larme. Il n’est pas anodin que The Fall se situe dans les années 20, période du cinéma muet. La même révolution se joue aussi avec la virtualité du septième art de nos jours. Quel est dès lors notre pouvoir d’identification à une série de pixels ?
A ce niveau il est possible de dire que The Fall est le chant du cygne du cinéma argentique. Tourné dans plus de 18 pays et sur une période de 4 ans, il met un point d’honneur à une certaine forme que nous connaissons et qui risque de disparaître demain, quand plusieurs films en 3D ou en performance capture sont prévus cette année, et où la pellicule laisse la place à des données informatiques.
Il serait possible de continuer une analyse intellectuelle là où le film est une expérience viscérale incroyable. Le mieux pour vous en convaincre est de vous précipiter sur le Bluray édité par Sony aux Etats Unis. Le disque non zoné (donc lisible partout) possède une image et une piste son bluffants. De plus, le film est sous titré en français, donc vous n’avez aucune excuse à ne pas vous précipiter sur ce monument fondamental possédant sans aucun doute sa place au Panthéon du Cinéma.
Et une raison de se réjouir de pouvoir découvrir The Fall, annoncé en salle sur Allociné… « prochainement ». Tiens donc !
En attendant, plongez-vous dans une expérience qui pourrait ne pas marcher si jamais vous restez obtus. Par contre, si vous vous libérez et arrivez à retrouver votre art de rêver, le trip risque de vous emmener très loin…



Ahahaahh C’est marrant je viens de le voir cette semaine aussi! Le film a été fait chez Duboi ! On s’en parle si tu veux. J’hésitais à l’acheter en blu ray à cause de la copie mais tu m’as convaincu
[...] Ho-Tep, un duel comparatif entre deux films barbares que sont Le 13ème Guerrier et Pathfinder, The Fall, Bronson, Martyrs, The X-Files, Buffy la Tueuse de Vampires, le phénomène des geeks, la [...]
Ce film est monstrueusement beau, onirique, lyrique, un chefd’oeuvre absolu !!!!!! Je m’en souviendrai jusqu’à la fin de mes jour….sous le charme en gros…
Pour info toute personnelle, je l’ai découvert avec Jérome et on a regretté que tu ne soies pas parmi nous…
Ben ouais, c’est mon lot quotidien….je suis tout seul quand je regarde des films maintenant…et c’est triste….mais bon….on fait comme on peut….