La Sorcière Sanglante (Antonio Margheriti)

Par Sylvain PERRET • 31 juil 2009 • Categorie: Films 1KultContacter l'auteur

Le cinéma populaire Italien a été réévalué depuis près de deux décennies, pour le meilleur et aussi pour le pire. En effet, lors de leurs sorties, ces films étaient systématiquement déconsidérés, la critique refusant d’y voir autre chose qu’un cinéma d’exploitation reprenant les succès et les modes du moment. Aujourd’hui, après avoir craché sur Mario Bava, Dario Argento, Sergio Leone et consorts, le journaliste a retourné sa veste, le temps et Tarantino ayant fondamentalement bousculés les choses. En effet, tout ce qui de près ou de loin se rapproche à ce cinéma est considéré comme un chef d’œuvre.

Pour prendre un minimum de recul, on peut dire que c’est un cinéma qui cherche à être divertissant, possédant de solides artisans, quelques grands auteurs mais aussi une strate de mauvais cinéma ne pouvant satisfaire que les plus déviants des cinéphages amateurs de nanars Matteiesques à apprécier au cent cinquante sixième degré.

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Penchons nous donc sur un énième petit film Italien, une œuvre efficace mise en scène par Antonio Margheriti généralement efficace et inspiré à défaut de révolutionner le septième art. La Sorcière Sanglante est un film d’horreur gothique à l’italienne surfant sur les succès et les codes esthétiques mis en place par les Vampires de Riccardo Freda et Le masque du Démon de Mario Bava. Margheriti, touche à tout, va d’ailleurs s’attaquer au genre l’année précédente en livrant avec Danse Macabre l’un de ses meilleurs films. D’ailleurs ces deux films ont plusieurs éléments communs : la présence de Barbara Steele et de plusieurs techniciens rescapés du précédent tournage, des éléments de décors communs, l’univers propre à Margheriti, etc. On considère aussi que La Vierge de Nuremberg, tourné la même année que le film qui nous intéresse ici, constitue la trilogie gothique du réalisateur.

Notons que le titre italien diffère quelque peu, traduisible par Les Longs cheveux de la mort. Titre pas très équivoque, il a en fait été trouvé par Ernesto Gastaldi, scénariste du film qui a signé certains des plus grands films populaires Italiens durant des années.

L’histoire est des plus classiques. Considérée comme une sorcière, une vieille femme est brûlée vive. sa fille, patiente, prépare sa vengeance… Bien évidemment là où le film est une réussite, c’est dans son ambiance macabre. Décors, éclairage, brouillards, costumes, tout nous permet de nous retrouver dans un univers particulier, créée avec deux rochers en plastique et trois fondus.

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A première vue, on pourra s’étonner que ce film ne soit pas résolument fantastique. Pourtant à mieux y regarder, c’est en fait un pur film évoluant entre le paranormal et la reconstitution historique. Le tout rappellera en fait les écrits de Henry James ou Maupassant. On pense même parfois aux romans de Boileau et Narcejac, les Diaboliques en tête. En effet, Margheriti utilise le fantastique comme une suite d’éléments oscillant entre surnaturel et quotidien. Cela a autant d’avantages que d’inconvénients. Pour ces derniers, c’est bien évidemment un rythme qui au final en pâtit énormément. On a parfois des couloirs de dialogues un peu longs, conséquence aussi d’un faible budget qui se ressent dans certaines séquences.

Pourtant, si on prend le film dans son intégralité, il se regarde sans déplaisir, et possède un point important non négligeable. En effet, le mélange de complot, de secret et de machination peuvent faire de la seconde partie de ce film un ancêtre du Giallo, à l’instar des Vampires de Freda. Pourtant ce dernier jouait plus sur les codes visuels, probablement mis en place par Mario Bava alors co-réalisateur officieux et futur inventeur du genre. A ce titre, cette Sorcière Sanglante est passionnante. Pourtant ce point essentiel est peu souvent mis en avant.

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Artus Films a sorti ce film dans une copie certes perfectible, mais tout à fait regardable, surtout au vu de l’âge et la rareté du film. D’autant plus que la compression est quasiment invisible. De plus, avec son beau digipack, son livret et ses près de 90 minutes de bonus passionnants, on a ici un disque admirable, que seul un petit éditeur peut nous offrir. En effet, à la vue de ce beau disque, on ne peut qu’applaudir les deux cinéphiles responsables de ce disque généreux. Du beau boulot qui permettent à tous d’appréhender ce petit film rare de manière sérieuse.

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Un commentaire seulement ! »

  1. très bon film.
    meilleur à mes yeux que Danse Macabre

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