Synecdoche New York (Charlie Kaufman)

Par Sylvain PERRET • 22 oct 2009 • Categorie: Films 1KultContacter l'auteur

Caden Cotard, metteur en scène de théâtre angoissé, décide après plusieurs échecs dans sa vie, de réaliser son grand chef d’œuvre. Pour ça, il va traverser un univers étrange et labyrinthique, à savoir sa propre existence…

Avant même de parler du film en lui-même, il faut souligner que celui-ci est un petit événement sur le papier. Première réalisation de Charlie Kaufman, scénariste de génie à qui l’on doit Dans la peau de John Malkovitch, Adaptation, Eternal Sunshine of the Spotless Mind ou encore Confessions d’un homme dangereux, le film devait être à l’origine conçu par Spike Jonze qui se retira finalement du projet. Après avoir travaillé deux ans dessus, le scénariste décida de sauter le pas.  La présence de Philip Seymour Hoffman dans le rôle titre finit de convaincre naturellement le cinéphile a suivre ce Synecdoche New York.
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Pourtant, le résultat final, bien que passionnant (car symptomatique du passage de la majorité d’artistes reconnus s’essayant au poste de réalisateur), est non seulement brouillon, mais aussi vain.

En effet, nous comprenons aisément pourquoi il a fallu deux ans à écrire un tel métrage. Les idées fusent et sont nombreuses, et typiques de l’univers de Kaufman, avec sa mise en abîme du rôle de créateur artistique, de la recherche de bien-être et de la peur de la solitude et de la mort. Tout est là, mais les axes n’aboutissent pas, s’emmèlent et font rapidement perdre pied au spectateur.

Nous assistons alors à  une succession de scénettes finement reliées, se répétant parfois habilement, mais la plupart du temps sans trop de finesse, mais surtout sans le moindre repos ni second souffle narratif. Durant deux heures, Kaufman dit beaucoup de choses, mais le tout s’accorde mal.

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Mais nous pouvons comprendre que Synecdoche New York ne soit pas un film facile. Voulant livrer à  l’instar de Caden Cotard une œuvre forte afin de prouver à tous (et bien évidemment à lui-même en premier) qu’il possède une vraie légitimité, Charly Kaufman veut clairement faire ses preuves et montrer son talent.  Cependant, celui-ci ne prend pas, car même si le tout n’est nullement prétentieux ou pompeux, il n’arrive pas à fasciner comme peut le faire sur le même thème Perfect Blue, c’est à dire une schizophrénie face à la création, une peur de passer d’un statut à un autre, la mise en abîme de sa propre existence au service de l’art, etc…

Il est difficile de noter les causes à cet échec. Notons principalement une absence totale de repère temporel, assez dérangeant quand on sait que le récit se déroule sur une période de 40 années. De plus, l’image extrèmement sombre n’arrive pas à créer un univers attirant.

Pourtant des idées sont encore une fois palpables ici et là, parfois même passionnantes, comme cet homme mystérieux que l’on croise ici et là et qui prendra le rôle de Caden Cotard dans la pièce, ou encore des répétitions et des jeux de miroir constants.

En fait ce film peut être vu comme un gigantesque labyrinthe qui aurait mérité un fil d’Ariane afin que son parcourt puisse en être agréable. Dommage, car le talent de Kaufman scénariste n’est plus à prouver. Espérons qu’un nouvel essai derrière la caméra lui permette de s’exprimer pleinement sur des projets moins amples mais plus aboutis.

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Le DVD édité par Océan Films est très propre (quoique sombre, mais est ce la prise de vue ou bien le master utilisé ici ?) et la compression est très bonne. L’heure de bonus ne nous apprend rien, et n’est pas spécialement intéressante, même si une plus grande présence du réalisateur (commentaire audio, présentation) aurait été judicieuse.

Dommage pour les fans de Bluray que le film, prévu outre atlantique en haute définition ne débarque pas dans ce format. En attendant, le DVD n’a pas à rougir, et les personnes souhaitant découvrir ce film malade seront quand même satisfaits.

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Enfin 2 commentaires. Et vous ? »

  1. Ah bah voilà un film sur lequel on sera totalement d’accord (surtout sur les défauts du film). Très bonne critique Sly !

  2. Le film est certes un peu décevant mais pas inintéressant, tant par le fait que ce soit un scénariste (reconnu) qui passe derrière la caméra, mais aussi parce que c’est un film inclassable. Il est certes raté mais il vaut le coup qu’on s’y attarde pour son originalité, et ses velléités, certes vaines et brouillonnes… Un rendez vous manqué, en quelque sorte…

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