Planning Malavida : à l’est du nouveau
Par Anthony Plu • 29 mar 2010 • Categorie: News • Contacter l'auteurL’éditeur Malavida vient d’annoncer sur son site le planning de son indispensable collection dédiée au cinéma de l’Europe de l’est des années 60 au moment où il était internationalement parmi le plus novateur, courageux, engagé et inventif.
Le printemps verra ainsi la fin de leur cycle sur le cinéma tchèque, et ce, en 2 étapes. Tout d’abord en mai 2010 avec
VALERIE AU PAYS DES MERVEILLES (Valerie a týden divu) de Jaromil Jirès (1970)
QUI VEUT TUER JESSIE ? (Kdo chce zabít Jessii?) de Václav Vorlícek (1966)
Puis en juin 2010
LA FÊTE ET LES INVITÉS (O slavnosti a hostech) de Jan Nemec (1966)
DU COURAGE POUR CHAQUE JOUR (Každý den Odvahu) d’Evald Schorm (1964)
ALOUETTES, LE FIL À LA PATTE (Skrivanki na niti) de Jiri Menzel (1969)

Des films rares souvent suivis d’une réputation flatteuse. Nous en connaissons deux : Qui veut tueur jessie, amusante comédie fantastiques où 3 personnages de Comics Books débarquent dans le monde réel et La fête et les invités étonnante parabole surréaliste et politique qui allait s’annoncer tristement prophétique en anticipant le retour au pouvoir du communisme russe. Nous possédons bien un enregistrement télé de Valérie au Pays des Merveilles, datant de la mythique émission de Dionnet Cinéma de Quartier, mais nous nous réservons pour l’Etrange de Lyon où le film sera projeté en pellicule et sur grand écran dans quelques jours.
En Septembre commencera aussi une nouvelle série de films dédiés au cinéma slovaque avec ces titres sur lesquels nous avons très peu d’information.
LE SOLEIL DANS LE FILET (Slnko v sieti) de Stefan Uher (1962)
LE BOXEUR ET LA MORT (Boxer a smrt) de Peter Solan (1963)
LES ANNÉES DU CHRIST (Kritove Roky) de Juraj Jakubisko (1967)
LES OISEAUX, LES ORPHELINS ET LES FOUS (Vtackovia siroty a blazni) de Juraj Jakubisko (1969)
La fin d’année sera sous le ligne de la Suède où l’éditeur continuera de défricher un terrain trop souvent réduit à Ingmar Bergman. Rappelons qu’en septembre dernier, c’était Bo Widerberg qui était mis en à l’honneur en 4 films.
Novembre 2010
JE SUIS CURIEUSE – VERSION JAUNE (Jag är nyfiken – en film i gult) de Vilgot Sjöman (1969)
MA SŒUR MON AMOUR (Syskonbädd 1782) de Vilgot Sjöman (1966)

Décembre 2010
LA FLÛTE ET LA FLECHE (En djungelsaga) d’Arne Sucksdorff (1957)
LA GRANDE AVENTURE (Det stora äventyret) d’Arne Sucksdorff (1953)
Il semblerait que ces 2 derniers titres s’adresseront au priorité aux enfants puisque le 1er est une sorte d’adaptation du Livre de la jungle de Rudyard Kipling. Le deuxième est quant à lui un film animalier.
Et puis nous gardons le meilleur pour la fin avec la sortie en Octobre de la fin de la collection polonaise. Après Wojcech J. Has, Zulawski, Wajda et Kawalerowicz, nous aurons droit aux trois premiers long-métrages du génial, atypique et inclassable cinéaste Jerzy Skolimowski qui sortira enfin ainsi de l’ombre. Ce contemporain de Polanski avec qui il co-écrivit Le couteau dans l’eau, mena comme son confrère une carrière internationale tournant en France, en Allemagne, en Angleterre ou aux Etats-unis une poignée de films tous plus différents les uns que les autres, expliquant peut-être que cette filmographie éclatée fasse de son auteur un metteur en scène insaisissable et injustement méconnu. Son Quatre nuits avec Anna sorti il y a 2 ans était ainsi son premier film depuis 1991.

SIGNES PARTICULIERS : NÉANT (Ryso pis – 1964)
WALKOVER (Walkower – 1965)
LA BARRIÈRE (Bariera – 1966)
Ces 3 films signent donc la première partie de sa carrière avant son passager par la France avec Le départ, une comédie très nouvelle-vague avec Jean-Pierre Léaud. Signes Particuliers : Néant est en fait son film de fin d’étude qui témoigne déjà de la présence d’un cinéaste à la forte personnalité mais qui ne sait pas encore canaliser ses idées et son univers. Il transformera l’essai dans l’excellent Walkover uniquement tournés en plan-séquences dont certains sont assez impressionnants. Le réalisateur y jouait lui-même le rôle principal et son physique « brute » collait très bien au personnage d’un boxeur pris en plein dilemme moral.
Nous n’avons pas vu La barrière mais nous supposons qu’il ne doit pas non plus manquer d’intérêt.
Espérons que Malavida songera à sortir dans sa collection slovaque dialogue 20-40-60 film à sketch de 1968 très original même si le meilleur segment n’était pas dû à Jerzy Skolimowski (où jouait encore Jean-Pierre Léaud) mais à Zbynek Brynych. Nous tacherons d’en parler prochainement en essayant de revenir sur la carrière de Jerzy Skolimowski qui mérite vraiment un coup de projecteur.
Pour finir, précisons que les caractéristiques techniques ne sont pas connues mais comme à son habitude on s’attend à des copies restaurées, de la version originale sous-titrée français ainsi que des livrets analytiques. Espérons cependant que les formats larges soient enfin en 16/9, Malavida étant coutumier des masters letterbox. C’est bien le seul rapproche qu’on puisse leur faire par ailleurs.

[...] Enfin, retrouvez une grande partie du planning des derniers mois ici. [...]