Snipers – Tireurs d’élite (Dante Lam)
Par Sylvain PERRET • 29 mar 2010 • Categorie: Films 1Kult, Focus • Contacter l'auteurDes snipers Hong Konguais affrontent les truands et autres hors la lois. Pourtant, l’un d’entre eux décide de faire face à ses anciens coéquipiers après que ceux-ci l’aient envoyé en prison. Un combat sans merci de face à face se mets en place dans l’ancienne colonie anglaise…

Avec sa bande annonce bourrée de testostérones made in HK, flirtant avec les blockbusters Américains, nous sentions déjà le plaisir coupable débarquer chez nous. Certes, il est certain qu’à aucun moment Snipers ne cherche à mentir sur son véritable statut de chef d’œuvre ou de révolution du genre. Pourtant, nous espérions des duels endiablés au cœur de Hong Kong entre tireurs d’élite, des bagarres à aucun moment réalistes et filmées à la nouvelle mode locale. Du pur divertissement tape à l’œil comme Dante Lam sait le faire, à l’instar des premiers extraits que nous avons vu de Beast Stalker (dont le Blu-ray HK est arrivé il y a quelques jours à la rédaction…).
Une bêtise à regarder avec un sourire béat, le cortex détendu et les synapses au repos, lors d’un lendemain de fête ou un dimanche pluvieux.
Ici, vous l’aurez compris, il n’est pas question de comparer le film aux grandes œuvres du genre de Hong Kong, mais bien de prendre le film pour ce qu’il est, ou qu’il devrait être. Pourtant, Dante Lam manque son essai, et ce malgré toute la meilleure volonté de sa part. Dans l’interview offerte en bonus, le réalisateur avoue être fasciné depuis plusieurs années par l’univers des tireurs d’élite, et qu’il ne trouvait pas de bonne histoire.

Finalement, malgré ses 85 minutes, il s’égare dans des sous intrigues inutiles, incohérentes et vaines rendant le tout assez long à suivre. La narration éclatée n’arrange rien, et les flash back s’enchaînent à tel point que le récit devient parfois peu lisible. De plus, les séquences d’action, même si relativement efficaces, sont malheureusement assez rares, et il ne reste au final que deux moments plaisants: l’attaque du camion et l’assaut final. Dommage que le reste s’évertue à créer des personnages psychologiquement artificiels : le couple traversant une crise, les rivalités épiques et égos surdimensionnés des protagonistes, la folie du bad guy de l’histoire, l’honneur des truands… Un maelström scénaristique qui tourne finalement à vide.
Et cela ne s’explique pas, comme on pourrait l’avancer, par l’arrêt brutal de la carrière de Edison Chen suite à un scandale qui révéla des photos compromettantes de l’acteur. Suite à cet événement, l’acteur mit fin à sa carrière. Pourtant, même si celui-ci quitta le film et n’assura qu’une petite partie de la tournée promotionnelle de ce film – faisant même l’objet de plusieurs menaces d’assassinat – son départ se fit au moment de la post production, n’influençant que très peu le métrage.
La mise en scène de Dante Lam, sous influence évidente de Michael Bay et de MTV, mélange travellings circulaires, ralentis et filtres abusifs, malheureusement servi par un casting indigeste d’acteurs bien trop proprets sur eux.
Le résultat est d’autant plus douloureux que Wild Side nous livre un Blu-ray de très haute tenue, qui peut servir de disque de démonstration de home cinéma sans le moindre problème. L’image est incroyable et le son splendide. Les bonus, sans être extraordinaires, permettent de découvrir Dante Lam pétri de bonnes intentions durant une demi-heure, et l’équipe complète apparaît dans un making of promotionnel anecdotique. Un documentaire sur l’armurier du cinéma français fait office de bizarrerie sympathique, mais le plus révélateur reste les scènes coupées du film, révélatrices de ce Snipers. Elles montrent que l’équipe devait tourner manifestement sans trop savoir où elle allait. Et comme le déclare l’un des acteurs dans le making of : faire un film, ce n’est pas facile. Au vu du résultat, nous voulons bien les croire…
Retrouvez une interview du réalisateur est disponible ici-même pour les curieux sur le très bon site Sancho-Does-Asia.

« dont le Blu-ray HK est arrivé il y a quelques jours en Blu-ray à la rédaction… »
Tu avais reçu plusieurs blu-ray en VHS avant ?
Bon, je taquine car je surtout content de voir que le redac’ chef laisse passer quelque bourdes aussi…
Ayant vu le film et constaté le désastre à Deauville, Je suis assez halluciné de cette sortie à grand renfort de comm’! Si au moins ils avaient mis en bonus les photos compromettantes d’actrices prises par Edison Chen, je dis pas, mais là
)
Enfin bon c’est quand même dommage de faire des belles éditions DVD pour des films tous pourris!