Kitano l’iconoclaste (1)

Par Guillaume PERRIN • 31 mai 2010 • Categorie: Chroniques de cinéphages, FocusContacter l'auteur

Malheureusement nombre de manifestations cinématographiques de premier ordre prennent place à Paris au grand dam des cinéphiles de France et de Navarre. La rétrospective au Centre Pompidou intitulée « Kitano l’iconoclaste » est de celles-là. 1Kult se devait d’y assister, surtout que cette rétrospective inclut 18 inédits (la majorité étant des films où « Beat Takeshi » n’officie qu’en tant qu’acteur), et permet ainsi d’exhumer et partager avec vous des œuvres rares et inaccessibles chez nous.

Adapté d’une de ses nouvelles publiée en France, Naissance d’un Gourou réalisé par Toshihiro Tenma est une vraie réjouissance ! Inutile d’essayer de prouver la fidélité de l’adaptation tant la présence de Kitano imprègne le film dès les premières minutes. Rien d’étonnant puisque Toshihiro Tenma n’est autre que son assistant réalisateur sur Violent Cop, Jugatsu, A Scene At The Sea et Sonatine. Nous y retrouvons aussi des visages familiers comme Ittoku Kishibe, Masami Shimojô, Aya Kokumai, Kanji Tsuda et même Susumu Terajima pour une apparition furtive mais hilarante.

Le film raconte les péripéties d’un jeune japonais errant (figure récurrente chez Kitano) : Kazuo est interloqué par un « spectacle » de rue où un Gourou gâteux prétend être le nouveau messie pouvant guérir tous les maux. Supercherie organisée dans le seul et unique but est de « gagner » de l’argent. Kazuo va intégrer cette secte et prendre malencontreusement la place du Gourou…

La présence de Takeshi Kitano n’est pas qu’effective. En effet, Naissance d’un Gourou bénéficie de la même alchimie que celle que l’on trouve dans ses films, cet équilibre parfait entre humour décalé, violence verbale et physique, poésie, drame et réflexion. Faut-il alors s’interroger sur la légitimité de la réalisation ? Il n’y a qu’un pas que nous franchirons sans prendre trop de risque. Naissance d’un Gourou étant la seule réalisation de Toshihiro Tenma (pour laquelle il a tout de même reçu la récompense du meilleur premier réalisateur en 1994 au Yokohama Film Festival), la science du timing des gags et leurs teneurs ainsi que le montage tendent à confirmer nos propos.

Tout comme cette faculté de donner au spectateur de manière impartiale des éléments clairs et concis afin que celui-ci se fasse sa propre opinion sans qu’il soit perdu dans une réflexion pseudo intellectuelle. Faculté que l’on retrouve dans sa dernière réussite Achille et la tortue en espérant que Takeshi Kitano confirme son retour en force avec Outrage présenté au Festival De Cannes 2010.


MAKING BOX

Voilà le premier épisode d’une série d’articles écrits par la rédaction. Une sorte de billet d’humeur où chacun à notre tour nous reviendrons sur des coups de cœur ou de gueule cinéphiliques.

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Enfin 2 commentaires. Et vous ? »

  1. [...] This post was mentioned on Twitter by Sacha ROGER, 1kult.com. 1kult.com said: Article: Kitano l'iconoclaste (1) http://www.1kult.com/2010/05/31/kitano-liconoclaste-1/ [...]

  2. [...] après Naissance D’un Gourou cette rétrospective « Kitano l’iconoclaste » au Centre Pompidou réserve d’époustouflantes [...]

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