D/s (Jacques Richard & Maîtresse Leïa)
Par Sylvain PERRET • 7 juil 2010 • Categorie: Films 1Kult • Contacter l'auteurDans une ancienne boucherie belge transformée en Donjon, une longue nuit commence… Des hommes soumis jouent à se faire mal pour se faire du bien, selon les règles de la Domination Féminine, à la découverte d’eux-mêmes.

Jacques Richard, trublion du cinéma français, à la filmographie impressionnante et anti-conformiste, a co-réalisé en 2008 avec Maîtresse Léïa (une reine du monde SM) un documentaire étonnant sur l’univers du sado-masochisme.
Profitant d’un week-end organisé entre plusieurs dominas et soumis en Belgique dans un ancien abattoir, Jaques Richard, après s’être mis en scène en guise d’introduction, suit le déroulement de l’évènement. Il apparaît alors très clairement que le réalisateur refuse le joli au profit du réalisme.
Ici, il n’est pas question d’une tranche de vie de cadres supérieurs, ou du tournage d’une publicité pour un porno chic, mais de vrais quidams. Le monde que nous découvrons refuse alors l’idée préconçue d’un glamour fallacieux.
Pour cela, Jacques Richard utilise une caméra légère, et préfère le juste au beau. Il ne faut pas être surpris de voir un quasi-monologue dans une voiture où la conductrice, dominatrice d’une bonne quarantaine d’années, cigarette et sourire aux lèvres, parle de son métier avec une gouaille que n’aurait pas renié Arletty.
Vient ensuite la mise en place de la soirée. A la fois électrique et détendue, le documentaire préfère conserver l’intimité qui montre sous un nouveau jour ces pratiques atypiques, créant ainsi un certain suspense. Les toasts sont beurrés, les maîtresses préparent leur fouet, les soumis « mettent la table » et tout ce petit monde parle de la météo et affiche leur réel plaisir de se retrouver.
Ce suspense est savamment mené, puisqu’il débouche sur une certaine banalisation du sado-masochisme, et évite de ce fait un voyeurisme dérangeant et racoleur. La mise en scène, se cachant derrière un style presqu’amateur, s’efface au profit du sujet.
Le documentaire arrive à être à plusieurs reprises touchant, même si Jacques Richard parvient à être roublard (montant la séquence la plus « violente » entre deux moments plutôt intimes) et une petite larme coulera même de l’œil des plus sensibles. Finalement, le sado-masochisme, c’est ici une relation où il est question d’amour et de complicité. Jacques Richard et Maîtresse Léïa, sans sombrer dans le prospectus de la pratique, ne cherchent pas non plus à porter dessus un quelconque jugement, et nous offrent ici ce qui est un des meilleurs porte-étendards du monde cuir, guêpière et coup de fouet.

Car que vous soyez un adepte convaincu ou un néophyte, et c’est sa grande force, D/s mérite votre intérêt et saura ravir les fans de la série Striptease. Diffusé en exclusivité à l’Absurde Séance de Paris (et dans une ambiance animée de fessées, de chaînes et de passages multipliés de spectateurs aux toilettes…) en partenariat avec le SIPFF, le documentaire reste malheureusement inédit chez nous. Espérons qu’une sortie imminente amplement méritée permette sa visibilité hors des festivals.

bonsoir
je n’ai pu pour des raisons de santé être présente lors de l’avant première de D/s je trouve effectivement que c”est un beau film qui reflète a peu près ce qui se passe lors des soirées, et qu’il ne m’a pas menti sur ce qu’il voulait montrer.
certes nous ne sommes pas les Déesses parisiennes que vous voyez dans les revues, toutefois chaque mois j’organise avec mon amie Maitresse Chantal une soirée D/s ce n’est pas le fait du hasard si elles ont cette ambiance j’ai mis des années a ce que cela soit ainsi. Je tiens, nous tenons a ce que cela reste convivial, rien a voir avec les grandes soirées ou tout le monde se regarde en chien de fusil, ici tout le monde participe effectivement, et tout le monde a SA place.
Je suis très satisfaite de voir qu’on le perçoive dans le film, juste un détail ces soirées n’ont pas lieu dans un ancien abattoir mais dans une ancienne boucherie qui est maintenant une maison ordinaire, avec des aménagements qui m’ont pris et du temps, de ingéniosité pour que cela reste aux yeux des non concernés une simple maison.
Et chaque troisième samedi du mois, elle devient le lieu un peu magique tout de même , un peu sombre et éclairé de gens qui s’apprécient pour une même passion le Sm, la D/s …Merci Jacques et Léia pour ce beau résultat.
Juste quelques commentaires m’étonnent mais les films sont faits pour cela non ??? au plaisir
Maitresse CATHY
Commentaire très judicieux de Maitresse Cathy.
Cette maison n’est évidemment pas un ancien abattoir , et à part les aménagements (assez réussis, il faut bien l’avouer au vu des images ) , fait par la Maitresse des lieux , cette maison pourrait aussi etre la Votre .
Si ce film est axé sur le juste et le réalisme au profit du beau ,et qui fait la valeur de ce document , c’est justement parce que ces quidams(sic) pourraient etre Vous , votre voisin , votre collègue …
Merci à Jacques Richard et à Léia qui ont su tout à fait , cerner l’ambiance de nos soirées , lesquelles à part Notre plaisir , n’auraient pas de raisons d’etre. ..
Maitresse Judith , participante.
Merci beaucoup pour vos commentaires à toutes les deux. Pour l’erreur, au temps pour moi, je corrige ça ce week end ! Maîtresse Cathy, je suis curieux de savoir quel(s) commentaire(s) vous ont étonnés. N’hésitez pas à nous en faire part.