Un officier de police sans importance (Jean Larriaga)

Par Sylvain PERRET • 14 juil 2010 • Categorie: Films 1KultContacter l'auteur

Par un jeu de circonstances, un cambrioleur se fait prendre en flagrant délit à cause de son frère. Celui-ci va avec l’aide d’un de ses amis enlever le commissaire à l’origine de l’arrestation.

Jean Larriaga est un réalisateur à courte carrière. Ce film de 1973 sera son second et dernier long métrage pour le cinéma, après La Part des lions, produit par Sergio Gobbi et sorti en 1971, qui imposa certaines séquences comme la poursuite en voiture*. Signalons qu’il a coscénarisé La Rose écorchée de Claude Mulot. Larriaga s’est ensuite tourné vers le monde de la télévision et ne semble pas l’avoir quitté depuis.

Ici, Larriaga s’associe à Marc Porel (qui interprète aussi l’un des personnages principaux) pour scénariser un polar français dans la droite lignée de la production de l’époque. Le résultat est plutôt mitigé, car les invraisemblances, le rythme décousu et le manque d’ampleur handicapent quelque peu le film.

Le film est malgré tout aidé par des dialogues assez solides et justes, et ne cèdent jamais à la tentation du mot d’auteur. Les acteurs assurent aussi le spectacle et nous retrouvons avec un plaisir certain ces seconds couteaux du cinéma hexagonal.

Robert Hossein est toujours impeccable, même si son rôle incohérent le met quelque peu en retrait. Raymond Pellegrin et surtout Charles Denner sont quant à eux très bons comme à leur habitude. Marc Porel, Julian Negullesco et la jolie Dani incarnent très bien leurs personnages de grands enfants rêveurs, fruits de l’esprit post-soixante-huitard et de son refus des normes.

Pourtant, le tout ne prendra que moyennement à cause, entre autres, d’un enchaînement narratif confus et d’un vrai manque de point de vue. Ajoutons à cela une approche du thème de la fraternité qui tombe à plat. Il n’en demeure pas moins que les amateurs apprécieront probablement l’esprit seventies, le casting, ainsi que certaines séquences intéressantes, à l’instar de la conclusion sur le tarmac de l’aéroport.

Le DVD récemment sorti chez René Chateau Vidéo laisse dubitatif. Si le master est plutôt propre, le film est en 4/3 letterbox (quoiqu’au format apparemment). Signalons pourtant plusieurs artefacts vidéos de tremblement d’image. Comme d’habitude chez l’éditeur, il n’y a ni bonus, ni chapitrage.

*Source : François Guérif, Le cinéma policier français, éd. Henri Veyrier, Paris, 1983

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