Tetsuo 3 – The Bullet man (Shinya Tsukamoto)
Par Sylvain PERRET • 12 août 2010 • Categorie: Films 1Kult • Contacter l'auteurAnthony, un japonais d’origine américaine, vit à Tokyo avec sa femme et son fils. Pourtant, ce dernier se fait tuer sous ses yeux, ce qui a pour effet de révéler la machine qui sommeille en lui…

Jouissant d’une exécrable réputation, Tetsuo 3 – The Bullet man ne mérite pas l’animosité qu’il suscite auprès des fans de Tsukamoto. Il faut dire que le pari était risqué pour le réalisateur. Le premier Tetsuo, film matriciel de toute une génération, avait dès sa sortie imposé Shinya Tsukamoto comme un très grand cinéaste. Ses films suivants comme Tokyo Fist, Bullet Ballet, A Snake of June l’ont confirmé dans ce statut, en étant à la fois proches d’une culture cyber-punk et d’un cinéma expérimental.
Pourtant, ses dernières œuvres, comme Nightmare Detective ou Vital avaient eu du mal à trouver leur public chez nous, et Tsukamoto semblait revenir à une forme plus traditionnelle. A l’annonce d’une suite du film qui l’a révélé, l’excitation se mêlait alors à la prudence et au doute. Ce Tetsuo 3, longtemps annoncé, prit alors des allures de film de la dernière chance, où le retour aux sources pouvait s’avérer rédhibitoire ou salutaire.
Or, après plusieurs projections dans des festivals plutôt décriées, le film fut visible à Paris Cinéma dans sa troisième version, passant de 100 à 90, puis 71 minutes.
Le résultat, de bruit et de fureur, échoue bien par moments, et notamment dans son envie de rejoindre une narration qui se voudrait didactique. Le film possède alors des phases d’explication scénaristique souvent inutiles et handicapantes pour le bon déroulement de ce nouvel opus.

Pourtant, Tetsuo 3 possède de nombreuses qualités, à commencer par son personnage principal étranger. Le personnage est plongé dans la jungle urbaine et se transforme alors comme par contamination. La vengeance n’est qu’un argument (et le fait qu’Anthony arrive des Etats-Unis n’est pas innocent, quand on sait l’importance de ce thème dans le cinéma américain) pour mieux mettre en avant cette folie contemporaine qui se transmet par contact à Tokyo. On pense bien évidemment à La Métamorphose de Franz Kafka.
Finalement, le seul salut face au chaos total viendra de la femme, nouvelle direction que prennent les dernières œuvres de Tsukamoto. Le réalisateur conserve néanmoins toute sa maestria et son talent de metteur en scène sans équivalent pour produire une telle avalanche d’émotions sur un écran.
Tsukamoto, s’il ne revient pas avec une œuvre parfaite, loin de là, nous offre un film intéressant et fascinant, qui ravira autant qu’il frustrera les fans de Tetsuo. Et malgré tout, ce nouvel opus est bien loin du naufrage que l’on nous décrit depuis quelques mois.

j’aime ne pas me considerer comme fan bien qu’ayant vu tous ses films , et ce tesuo 3 n’est pas au niveau des devenu culte tetsuo et tetsuo II mais n’est effectivement pas le ratage que tous le monde voulait voir . comme tous les films depuis bullet ballet , je me dit avant chaque vision de ses nouveaux films que cela va etre moins bien qu’avant moins fort et a chaque fois je ressort honteux d’avoir envisager un rattage de tsukamoto ! c’est peut-etre un reflex inconscient de « fan » pour ne pas etre decu mais ca marche . Et merci a vous d’appuyez sur le positif que plutot sur le « c’etait mieux avant , maintenant c’est du commercial et blablabla.. » ,Je prefere dire c’etait mieux demain
Oui, et c’est d’ailleurs ce qui a motivé cette critique : il a été décrié alors que même avec ses inégalités, cela reste un film passionnant !
Sylvain.