Captifs (Yann Gozlan)
Par Sylvain PERRET • 17 août 2010 • Categorie: Films 1Kult • Contacter l'auteurCarole est membre d’une équipe humanitaire dont la mission dans les Balkans touche à sa fin. Sur le chemin du retour, elle et ses deux co-équipiers sont brutalement attaqués et enlevés par des criminels aux motivations inconnues : qui sont ces ravisseurs ? Et que veulent-ils vraiment ?

Un film de genre français ? La recette est toujours la même. Doute, espoir, mépris, un débat en amont et en aval sur l’éventuelle existence d’une nouvelle vague tant souhaitée, autant de passages obligés. C’est d’ailleurs bien là le problème principal des productions hexagonales, dont le Messie, le mètre étalon est attendu depuis plusieurs années. Du côté des spectateurs, on exige un résultat irréprochable, et derrière les caméras, la responsabilité peut se faire trop lourde pour des metteurs en scène cherchant à se dresser en porte-étendard d’un genre.
Pourtant, il faudrait se faire à l’idée que bon nombre de perles françaises du cinéma de genre existent, et ce depuis Méliès et Feuillade. Il est important ensuite de revoir à la baisse non pas nos exigences, mais plutôt notre barème. Un cinéma d’exploitation sain se doit de se composer aussi de bons films, qui sans atteindre la Perfection, et même avouons-le, non exempts de petits défauts, restent des œuvres intéressantes. Surtout quand il s’agit d’une première réalisation, comme c’est le cas ici.
C’est avec la même appréhension que nous critiquions il y a un an et demi Mutants. Et c’est de la même façon que nous allons vous parler de ce Captifs, nouvelle production Sombrero Films, découverte en forcing au Marché du film à Cannes.
Commençons par évacuer rapidement la faiblesse de Captifs, qui réside peut-être dans la manière que le réalisateur a d’aborder cet univers très codé : sans à aucun moment le mépriser ou le prendre de haut, Yann Gozlan ne semble pas totalement posséder tous les arcanes du genre, et certains nœuds narratifs ont parfois une saveur de déjà-vu. Mais ce n’est pas ce qui importe ici.
Mais même si le film est loin d’être parfait, notamment à cause de certaines maladresses propres à tout premier long métrage, le résultat mérite qu’on s’y attarde. Mieux, la mise en scène de Yann Gozlan, travaillée et soignée, se révèle vraiment intéressante et inspirée dès que les personnages principaux se retrouvent enfermés.
C’est entre quatre murs que le réalisateur utilise au mieux le découpage, le montage, une caméra souple et juste, mais surtout élabore une bande-son remarquablement nuancée, nous offrant ainsi les meilleurs séquences du film. Saluons donc les effets sonores qui, du rapt au climax, du stéthoscope au téléphone et sa sonnerie étouffante, sont clairement une des grandes qualités du film.
Yann Gozlan, élevé au cinéma de Roman Polanski, et déjà réalisateur d’un court métrage appelé Echo (où l’héroïne souffrait d’acouphènes) semble clairement à l’aise avec cet outil, ainsi qu’avec le hors champ. Autre bonne surprise, le jeu d’acteur que les dialogues peu nombreux nous laissent apprécier, se révèle vraiment plaisant. Zoé Félix dresse un personnage solide, pas si loin de la Ellen Ripley de la saga des Alien, tandis qu’Arié Elmaleh et Eric Savin sont eux aussi convaincants.
Même si le réalisateur nous propose un film qui trébuche un peu ici et là, ses qualités de mise en scène, et notamment le travail sonore nous font attendre avec impatience le second film de Yann Gozlan, que ce soit un film de genre ou non. Un metteur en scène à suivre !
Captifs sort le 6 octobre 2010. Il sera présenté en avant première à l’Etrange Festival de Paris, et d’ici quelques jours, vous pourrez retrouver l’interview de Yann Gozlan, réalisée à Cannes, en exclusivité sur 1Kult.

J’ai eu la chance de pouvoir assister à l’avant première du film sur Paris, c’était vraiment captivant! et sans jeu de mot! Yann Gozlan est un jeune réalisateur, et il ira loin! Ce film nous terrifie sur du hors champs, on ne voit pratiquement rien à l’image (à part certaine scène assez trash) autrement beaucoup de choses se passent au son. La bande sonore est vraiment intéressante et l’utilisation en est vraiment très fine et pertinente! Un grand moment de cinéma!
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NDLR : Attention, ce message semble être un message de l’équipe de communication du film…
Content de voir que comme nous tu as pu apprécier les nombreuses qualités de ce film (de commande) malgré ses défauts.
On attend nous aussi la suite avec peut-être un projet original ?!
Encouragé par les très bons bruits que j’avais eus de l’Etrange Festival sur ce film, j’ai couru le voir ce matin et effectivement, il mérite tout le bien qu’on dit de lui. Aucun temps mort. Une tension palpable et soutenue qui progresse jusqu’à la fin particulièrement réussie. L’image est belle. Le son subjectif est une des très bonnes trouvailles de ce film. Zoé Felix est magnifiquement filmée avec une vraie présence physique. Bref courez-y!
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NDLR : Attention, ce message semble être un message de l’équipe de communication du film…
[...] maintenant à Captifs de Yann Gozlan, dont nous vous parlions la semaine dernière. Nous avons en effet récupéré il y a [...]