Vampires (Vincent Lannoo)

Par Sylvain PERRET • 17 août 2010 • Categorie: Films 1KultContacter l'auteur

Une équipe de télévision suit pendant un an une famille de vampires bruxellois.


Alors que la figure du vampire est plus que jamais d’actualité (Morse, Thirst, ceci est mon sang, Twilight, Daybreakers, Suck, …), c’est vers la Belgique qu’il faut se tourner pour découvrir l’une des relectures les plus originales du moment.

Même si l’on ne manquera pas de comparer le film à C’est arrivé près de chez vous, avec lequel il possède plusieurs points communs (l’équipe télévisée, le postulat de départ, le ton décalé et acerbe), ce serait oublier que l’auteur de ce Vampires n’est autre que Vincent Lannoo, connu pour avoir réalisé Strass, le seul film belge du dogme.

Le premier long métrage de Lannoo racontait la vie d’un professeur de théâtre atypique, détestable et tyrannique, qu’une équipe de télé (déjà) suivait dans son quotidien. Le ton était déjà là, avec cet humour typiquement belge (décalé et transgressif). Au-delà du plaisir procuré par certains des gags, il faut aussi noter la conclusion assez noire du film où le héros est humilié et abandonné.

En fait, l’élément principal du cinéma de Lannoo est là : un amour indéfectible pour les marginaux, les rebuts de la société, les freaks. Bien évidemment, cela est décrit sous le prisme de l’humour belge, c’est-à-dire à la fois méchant et tendre, grandiloquent et profond, drôle et intelligent.

Dans Vampires, nous retrouvons ce microcosme d’allumés qu’affectionne tout particulièrement le réalisateur. Le film, peut-être handicapé par sa comparaison un peu trop évidente avec C’est arrivé près de chez vous, devient alors non seulement une relecture originale, pertinente et terriblement contemporaine du mythe de Dracula, mais aussi, et surtout un grand moment d’humour noir.

La créature devient alors reflet de notre société, avec ses lois contraignantes, sa hiérarchie trop pesante, son ennui et ses problèmes quotidiens. Et le spectateur, peu à peu, de se rendre compte que cette famille n’est finalement pas si différente de la sienne. Mieux, Vampires flirte même avec la politique, comme quand nous apprenons l’utilité de cette famille pour l’état belge, qui leur fournit une « nourriture » pour le moins spéciale. Rajoutons à cela des répliques et des situations hilarantes (le tétraplégique, les différents suicides de Grace) et un casting remarquable, tant chez les habitués de l’univers de Vincent Lannoo (Carlo Ferrante en tête) que le petit rôle de Julien Doré qui fait ici ses débuts cinématographiques avec conviction.

Peut-être pourrions-nous regretter une fin un peu moins admirable d’un point de vue narratif (même si celle-ci colle parfaitement à l’esprit de faux documentaire), mais ne boudons pas notre plaisir.

Vampires est un film qui plaira aux amateurs du genre, comme aux détracteurs de fantastique, par son ton original et désopilant.

Vampires est un film belge de Vincent Lannoo qui sortira le 1er septembre 2010 en France. Il sera aussi diffusé à l’Etrange Festival de Paris 2010.

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Un commentaire seulement ! »

  1. [...] l’occasion de la sortie de Vampires, revenons sur quelques exemples de ces œuvres qui mélangent manipulation, complicité et mensonge [...]

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