Maison de la Culture du Japon à Paris // Intégrale Kôhei Oguri
Par Guillaume PERRIN • 11 sept 2010 • Categorie: Séances spéciales • Contacter l'auteurParce qu’il n’y a pas que Mizoguchi, Ozu, Kurosawa, Naruse, etc. (pour ne citer que les cinéastes japonais prestigieux et reconnus) et parce qu’il y a, en dehors des étrangetés de l‘Étrange Festival Paris 2010, d’autres curiosités toutes aussi rares et prêtent à satisfaire notre soif de cinéma, nous ne pouvions manquer de vous rappeler que depuis ce jeudi 9 septembre se déroule à la MCJP l’intégrale en cinq films d’un cinéaste contemporain japonais méconnu auprès du grand public : Kôhei Oguri.
Pourtant le cinéaste a été plusieurs fois célébré, notamment à Cannes, Moscou et Montréal, pour sa mise en scène, ses thématiques obsédantes et la précision de sa narration, comme le souligne le réalisateur Antoine Barraud :
Devant le cinéma d’Oguri, le corps tout entier se trouve altéré, transformé, forcé de s’adapter à une temporalité nouvelle, à une narration réinventée et à des images hybrides aussi époustouflantes que chimériques. Pour qui fait cet effort de curiosité, la récompense est immense : aussi philosophique, qu’esthétique, qu’humaniste.
Retrouvez et empressez-vous de découvrir l’intégrale du cinéaste en cinq films dont un à ce jour inédit en France. D’autant plus que Kôhei Oguri fait honneur à cet hommage qui lui est rendu, en étant présent sur la première moitié de cette programmation pour introduire ses films et débattre avec le public. A ne manquer sous aucun prétexte !
Nous reviendrons rapidement sur l’actualité impressionnante, tant qualitativement que quantitativement, de la Maison de la Culture du Japon à Paris. En attendant, retrouvez ci-dessous les informations utiles concernant l’intégrale de Kôhei Oguri en commençant par les films projetés :
LA RIVIÈRE DE BOUE 泥の河
1981 / 105′ / COPIE 35mm / VOSTF
Deux garçons dont les parents habitent au bord d’une rivière polluée d’Ôsaka se lient d’amitié. Nobuo est le fils d’un restaurateur ; Kiichi vit avec sa mère, une prostituée. Un des premiers films indépendants des années 1980 après la fin du système des studios.
POUR KAYAKO 伽倻子のために INÉDIT
1984 / 117′ / COPIE 35mm / VOSTF
Sanjun, Coréen résidant au Japon s’interroge sur sa double culture. Il fait la rencontre de Kayako, une Japonaise orpheline adoptée et élevée par une famille de Coréens à Tôkyô. D’après un roman de Lee Hwe-Song, premier écrivain d’origine coréenne à avoir obtenu le prix Akutagawa.
L’AIGUILLON DE LA MORT (死の棘)
1990 / 115′ / COPIE 35mm / VOSTF
Une femme est atteinte de troubles mentaux après avoir appris que son mari l’avait trompée. Rongé par le remords, celui-ci abandonne toute vie sociale et se consacre à la guérison de son épouse. Le film le plus connu de Kôhei Oguri. Grand Prix et Prix de la Critique Internationale au festival de Cannes 1990.
L’HOMME QUI DORT 眠る男
1996 / 103′ / COPIE 35mm / VOSTF
Suite à un accident, un montagnard est transporté inconscient dans la chambre d’une ferme du petit village de Hitosuji. Tous les habitants se relaient à son chevet jusqu’à ce que son âme s’échappe.
LA FORÊT OUBLIEE 埋もれ木
2005 / 89′ / COPIE 35mm / VOSTF
Une petite ville d’une région montagneuse. Des lycéennes s’amusent à inventer des histoires fantastiques qui tissent entre elles un lien imaginaire. Pour les adultes de la ville, les choses sont différentes. Ils évoluent dans un monde parallèle : eux ont fait leur vie et sont plongés dans les réalités du quotidien.
La MCJP a aussi eu la bonne idée de prolonger l’œuvre de Kôhei Oguri avec deux documentaires :
CORRESPONDANCE PAR L’IMAGE 映像による往復書簡
1993 / 45′ / VIDÉO / VOSTF / PRODUCTION NHK
Sous la forme d’un documentaire épistolaire adressé au cinéaste indonésien Slamer Rahardjo Djarot, Oguri délivre un message poétique sur la modernité et notre rapport à la nature en filmant les paysages et les habitants des îles indonésiennes de Java, Kalimantan et Flores.
LA FORÊT DES SONGES
UN FILM D’ANTOINE BARRAUD / 2010 / 45′ / VIDÉO
« La forêt des songes » est une ballade au cœur de la pensée de Kôhei Oguri, auteur de «L’Aiguillon de la mort». Autour d’une sensibilité animiste et d’une recherche permanente de l’harmonie, il redéfinit avec poésie, sérénité et assurance l’essence même d’un cinéma utopique, aboutissement de 30 ans de réflexion sur la mise en scène et le rapport à l’image.
Retrouvez ci-dessous le programme :
JEUDI 9 SEPTEMBRE (En présence du réalisateur)
17h00 La rivière de boue
19h30 Pour KayakoVENDREDI 10 SEPTEMBRE (En présence du réalisateur)
17h00 L’aiguillon de la mort
19h30 L’homme qui dortSAMEDI 11 SEPTEMBRE (En présence du réalisateur)
14h00 La forêt oubliée
16h00 Rencontre avec Kôhei Oguri et projection du documentaire « La forêt des songes » d’Antoine Barraud
19h30 La rivière de boueMARDI 14 SEPTEMBRE (En présence du réalisateur)
15h00 Correspondance par l’image
17h00 Pour Kayako
19h30 L’homme qui dortMERCREDI 15 SEPTEMBRE
15h00 La forêt oubliée
17h00 La forêt des songes + Correspondance par l’image en présence d’Antoine Barraud
19h30 L’aiguillon de la mortJEUDI 16 SEPTEMBRE
17h00 La forêt oubliée
19h30 La rivière de boueVENDREDI 17 SEPTEMBRE
17h La forêt des songes + Correspondance par l’image en présence d’Antoine Barraud
19h30 L’homme qui dortSAMEDI 18 SEPTEMBRE
14h00 L’aiguillon de la mort
17h00 La rivière de boue
19h30 Pour Kayako






