Gaumont : l’interview, les DVD à la demande, les Blu-ray
Par Sylvain PERRET • 30 sept 2010 • Categorie: Focus, TV 1kult • Contacter l'auteurAlors que le forum DVDClassik.fr nous avait mis la puce à l’oreille à propos de plusieurs DVD sur le site de l’éditeur Gaumont, nous avons essayé d’en savoir plus sur ce qui semblait être des DVD à la demande. Et nous vous livrons en EXCLU l’interview de Jérôme Soulet, qui nous révèle la collection.
Concept lancé aux USA par Warner, il s’agit d’une solution pour proposer au public des films de niche en DVD qui sont fabriqués uniquement sur demande et via le net. Cela a l’avantage de proposer des titres plus pointus sans passer par les distributeurs et les chaînes de magasins qui se standardisent de plus en plus depuis quelques années.
Gaumont lance le concept chez nous mais de manière beaucoup plus intéressante. Tout d’abord, les films sont disponibles chez nous, et ce pour un prix avoisinant les 12 euros (et donc raisonnable). De plus, l’éditeur continue sur sa lancée en proposant des titres spécialement sous-titrés dans notre langue pour sourds et malentendants. Même si cela ne concerne pas la majorité d’entre nous, applaudissons sincèrement la démarche.
Plus intéressant, lors de notre rencontre, Jérôme Soulet, directeur vidéo de Gaumont, nous a appris que ces titres étaient PRESSÉS et ce de manière professionnelle. Enfin, les titres sont sur le papier des raretés de grands réalisateurs, des films depuis longtemps attendus ou bien des œuvres qui en deux ou trois recherches sur le net permettent de créer la curiosité du cinéphile.
Nous avons ensuite tenté d’en savoir plus au sujet des sorties Blu-ray de la collection classique. Voilà donc le bilan de cette fin d’année, ainsi que des infos sur 2011 :
Merci à Jérôme Soulet pour cette interview.

Les DVD pressés à la place des DVD-R de la Warner Archive Collection est un bon point. Par contre, il faudra voir si l’encodage VOD utilisé pour les DVD sera à la hauteur du support car la VOD a plutôt mauvaise réputation sur ce plan.
Je m’interroge, tout de même, sur le choix de reléguer « Une histoire immortelle » et « La Vérité sur Bébé Donge » (avec quand même Jean Gabin et Danielle Darrieux) dans la sélection de titres à la demande.
À propos de la Warner Archive Collection, ce serait vraiment formidable si un éditeur français (Carlotta ou Wild Side, par exemple) pouvait récupérer certains titres uniquement disponibles via ce système et les sortir dans des éditions dignes de ce nom. Je pense notamment à « Brewster McCloud », « Pride of the Marines » et « I Love Melvin ».
Une itw passionnante, réaliste sur le marché, cohérente et qui prouve que les éditeurs sont toujours aussi dépendants des enseignes.
Salut les z’amis !
Devant les précautions oratoires du monsieur concernant le « grain » de la Main du Diable, je tremble un peu. Pas tant parce qu’il y a du grain (exception faite des films 16 mm gonflés en 35 mm, je ne pense pas avoir été jamais indisposé ou scandalisé par un master dvd granuleux), mais parce que je commence à douter des capacités du blu-ray à bien restituer ce genre d’image.
C’est la guerre picrocholine du moment : à ma droite, les gardiens du temple et les ravis de la crèche, les gens qui pensent dur comme fer que le blu-ray sait tout faire et qu’il le fait très bien ; à ma gauche, les sceptiques, les gens qui s’interrogent, les gens qui ne comprennent pas pourquoi sur certains transferts il arrive que l’on obtienne des images rebutantes, voire carrément dégu***sses !
A titre perso, je n’accepte plus l’argument du « c’est un choix du réalisateur ». Non, à moins d’avoir un projet très « spécial » ou d’être un grand malade, un réal ne décide pas de faire des images hideuses. De mon point de vue, cet argument relève du cache-sexe, d’une incapacité à reconnaître que — au bout du compte — le blu-ray ne sait peut-être pas tout faire, qu’il n’est pas doué pour les images un peu difficiles.
Cela pourra paraître paradoxal, mais je pense que dans certains cas il est préférable d’en rester à la Simple Définition d’un DVD.
Bonjour Commissaire Juve
Je ne peux que vous recommander par exemple la lecture de l’article sur la restauration dans les laboratoires ECLAIR où Gaumont fait effectuer ce travail délicat : http://www.ecranlarge.com/article-details-16648.php
La restauration est un art technique difficile, délicat et tous ceux qui y travaillent pourront vous assurer qu’entre le possible et l’intention du réalisateur (fondus par exemple), il n’y a pas de science exacte.
Mais j’accède volontiers à votre conclusion « dans certains cas il est préférable d’en rester à la Simple Définition d’un DVD » en y ajoutant la précision suivante : cela dépend du matériel d’origine (le « matériel source »).
Bonsoir M. Aznar,
Pour répondre à votre commentaire : « Je m’interroge, tout de même, sur le choix de reléguer “Une histoire immortelle” et “La Vérité sur Bébé Donge” (avec quand même Jean Gabin et Danielle Darrieux) dans la sélection de titres à la demande. »
Au moins ils existent pour celles et ceux qui veulent découvrir ces oeuvres (ou les re-découvrir). Nous avons d’ores et déjà voulu répondre à des demandes de courriels et de courriers.
Concernant la qualité, oui ce ne sont pas masters restaurés image et son mais le résultat est probant et je vous assure que nous en avons visualisé des tests et des re-tests. Nous avons écarté des titres plus d’une dizaine sur la cinquantaine et les équipes de Eclair et Teletota contiuent de travailler sur de nouveaux encodages avec de nouveaux réglages.
Bonsoir Jérôme
Merci pour le compliment que je partage avec l’équipe de 1Kult et toutes les personnes qui ont travaillé sur cette Collection.
Oui les éditeurs sont dépendants des enseignes, qui sont eux-mêmes dépendants de leurs actionnaires, lesquels dépendent des marchés, etc. On dépend tous – certes plus ou moins – de quelqu’un. Chacun joue son rôle mais je ne doute pas que nous trouverons des solutions pour continuer d’éditer et de mettre à disposition des oeuvres pour les publics. « Gaumont A la demande » en est une, la VOD en est une autre, l’important c’est de vous laisser le choix.
Chef de projet (freelance) sur la collection Passion cinéma de TF1 Video, je sais combien le marché est difficile pour le back catalogue, et cette collection A la demande (sur dvd préssé, quelle heureuse surprise) est à saluer.
Bien cordialement
Jerome WYBON
Hello mon cher Commissaire ! content de te voir sur le site ! je savais que cette news te satisferai
Concernant, ce problème de « grain ». Comme toi je n’ai pas la même exigence envers un DVD qu’envers un Blu-ray de même qu’envers une projection pellicule en salle.
Il est vrai qu’avec la Haute Définition nous devenons de moins en moins transigent. Si je regarde de la HD c’est pour avoir une image avec des détails jamais vus auparavant, une profondeur de champ impressionnante, des couleurs et des contrastes de toutes beautés mais surtout une belle image nette. Je ne le dirai jamais assez le travail de Warner sur « La Conquête De L’Ouest » sorti au début du support est à ce titre exemplaire et fait figure encore aujourd’hui de démo. Faut-il alors rejeter en bloc les masters « respectueux » (cela reste à prouver) qui sont « granuleux ».
Comme tu le dis certains traitements de l’image rendent mieux en DVD. Mais il y a récemment un autre aspect qui m’a frappé et qui est finalement logique. J’ai pu apprécier des projections vidéo restaurée de To Be Or Not To Be d’Ernst Lubitsch et l’inédit Eggshells de Tobe Hopper. C’est bien la première fois que je suis impressionné par une projection vidéo, c’est bien simple le rendu était selon moi quasi similaire à de la pellicule (avec ce que ça implique comme « grain »). Alors que j’ai pour habitude de conspuer les projections vidéos pour leurs rendus douteux, là ce n’était pas du tout le cas.
L’aspect évident dont je parlais ci-dessus est la dalle que tu as chez toi (et que j’ai chez moi) qui fonctionne par « pixels » et non via une projection qui donne un aspect unifié à l’image. Le grain de certains – je dis bien certains – films ne serait-il pas lié à ces pixels !?
Bonjour M. Soulet,
Je comprends tout à fait votre position. Vous ne pouvez pas restaurer tous les films de votre catalogue, et particulièrement des titres au potentiel commercial assez faible. Je suis d’accord avec vous : l’essentiel est que les films soient disponibles dans des copies d’un bon niveau technique. (Il est, d’ailleurs, dommage que les catalogues d’autres compagnies ne soient pas proposés selon le même principe.)
Je conçois qu’un film comme « Le Diabolique Docteur Z » de Jess Franco ne puisse faire l’objet d’une restauration et sorte dans votre sélection de DVD à la demande, sans suppléments ; cela me semble logique par rapport au statut de ce film. Cependant, je pense que des titres comme « Une histoire immortelle » ou « La Vérité sur Bébé Donge » mériteraient un meilleur traitement. Certes, « Une histoire immortelle » n’est pas le film le plus réputé d’Orson Welles mais il aurait pu être intéressant de réunir ses différents montages, avec des interventions de spécialistes du cinéaste, sur le modèle des éditions de « Macbeth » (en France), de « La Soif du mal » et de « Mr. Arkadin » (aux États-Unis). Concernant « La Vérité sur Bébé Donge », Bertrand Tavernier a déclaré à plusieurs reprises qu’il appréciait beaucoup ce film et je m’attendais à ce qu’il sorte dans votre collection « Gaumont classiques » avec une présentation du film par ce cinéaste-cinéphile. Bien sûr, le film d’Henri Decoin ne bénéficie pas du même statut que « French Cancan », « Les Tontons Flingueurs » ou « La Traversée de Paris » qui s’imposent comme des « incontournables ». Par contre, si on le compare à d’autres titres de la collection comme « La Peau », « Les Maudits » ou « La Main du diable », la différence de statut ou de notoriété me semble moins évidente. Je ne conteste pas le choix de restaurer ces films. Vous l’avez fait et c’est une bonne chose. Je regrette simplement que cela se fasse au détriment de certains titres qui mériteraient, de mon point de vue, le même traitement. J’ai découvert le film d’Henri Decoin à la télévision, qui l’a diffusé dans une copie assez abîmée, et j’espérais pouvoir le revoir dans les même conditions que « La Traversée de Paris » dont l’image est magnifique.
Concernant l’aspect technique, j’avais simplement des réserves par rapport à l’encodage utilisé pour la VOD mais vos précisions me rassurent totalement. Votre système de DVD à la demande me semble plus convaincant que celui mis en place par Warner aux États-Unis (de simples DVD-R, aucun sous-titre et des prix assez élevés). Je salue également le choix de conserver le grain d’origine, allant à l’encontre du lissage de l’image qui fait ressembler les comédiens à des mannequins de cire. Je connais, par ailleurs, le sérieux des éditions Gaumont à travers, notamment, les deux coffrets des films de Maurice Pialat présentant des copies sublimes et des suppléments passionnants.
Bonjour à tous, bonjour M. Aznar
Allez je profite de la pause déjeuner (au bureau avec quelques sushis!) pour poursuivre nos échanges.
Tout d’abord je rêve de pouvoir faire restaurer tout le catalogue Gaumont (800 longs métrage parlants, je laisse de côté les muets longs métrage qui sont une centaine) mais, au-delà de la question des coûts (entre 75 et 125 millions d’euros, oui oui vous avez bien lu), se posent 2 problèmes :
- la qualité de conservation des différentes sources dont nous disposons au gré des rachats de catalogues tiers (Télédis il y a quelques années par exemple mais je n’étais pas arrivé chez Gaumont)
- le renouvellement des droits avec parfois les pires difficultés pour retrouver les successions et héritiers car restauré une oeuvre pour finalement ne pouvoir l’exploiter, vous imaginez sans mal les conséquences…
Sur nos choix éditoriaux – Gaumont à la demande / Gaumont Classiques -, j’entends vos arguments mais sans rentrer dans les détails je me permets de vous renvoyer aux 2 points évoqués ci-dessus. Enfin, toute restauration- édition repose à un moment sur un compte d’exploitation / investissement.
Je vais vous faire une confidence : quand viendra l’avénement du « cinéma à la demande » (en salles et en numérique), vous pouvez compter sur Gaumont. On sera prêt car on y travaille déjà
[...] que vous avez la possibilité de revenir sur nos grosses sorties de ces derniers jours (comme le lancement de Gaumont à la demande, par exemple) ou de flâner sur nos différentes rubriques vidéos sur nos chaînes dédiées, nous [...]
[...] à notre interview il y a un peu plus d’un mois de Jérôme Soulet, nous avons été heureux de voir que le directeur vidéo de Gaumont a bien pris soin de répondre [...]
[...] Soulet, directeur vidéo de Gaumont, que nous avions interviewé il y a deux mois environ, nous annonçait le lancement de Gaumont à la demande, une collection de DVD pressé en petites [...]
Bonjour,
Au nom du CA de l’AFIDEO (Association française d’information et défense des sourds oralistes), je félicite Gaumont pour sa démarche de sous-titrer les films proposés afin que toute la population ait accès au catalogue proposé.
[...] N’hésitez pas à faire vos demandes pour les titres du catalogue de l’éditeur que vous aimeriez voir apparaître. Pour plus d’infos, n’hésitez pas à voir ou revoir notre interview de Jérome Soulet, responsable de la session vidéo chez Gaumont. [...]