Pets (Raphael Nussbaum)

Par Sylvain PERRET • 29 oct 2010 • Categorie: Films 1KultContacter l'auteur

Bonnie, une jeune femme des années 70 vit sa vie de bohème et croise sur sa route une voleuse jouant de ses charmes pour détrousser ses victimes, une artiste lesbienne féministe et un collectionneur qui rêverait d’ajouter la jolie jeune fille à sa collection…


Il y a des films que nous scrutons et jugeons un peu hâtivement par leur affiche ou leur pitch, et où la découverte de la production est finalement tout autre. Ici, c’est le cas avec ce Pets, récemment sorti chez l’éditeur indépendant Code Red, et dont le matériel publicitaire nous avait autant amusé qu’intrigué.

Reprise sur la couverture du disque, l’affiche montre les deux protagonistes du film enchaînées comme des animaux, à quatre pattes au-dessus d’une tagline pour le moins explicite : There’s an animal in every woman

Bien évidemment, comment pourrons-nous refuser ce film d’exploitation seventies, méconnu de tous et appelant soit à l’intolérable, soit à la grivoiserie, mais au moins à une question sur ce qu’il est tolérable de montrer sur un écran.

Bien nous en a pris, car Pets est non seulement un film d’exploitation intéressant, mais aussi par certains points intelligent et dont l’apparence misogyne révèle finalement un véritable pamphlet féministe et une ode à la liberté (et pas uniquement sexuelle).

Sans trop révéler l’intrigue du film, nous suivons donc la jolie Bonnie (Candice Rialson) croiser trois personnages opposés et complémentaires, ayant tous pour unique but d’ »adopter » la jeune fille moins candide qu’elle n’en a l’air. Le film voit alors se confronter plusieurs idéaux, dont deux s’affronteront face à face : le féminisme outrancier et le machisme d’un autre temps. Pourtant, Bonnie choisira une autre route, celle de la liberté, et enverra valser les deux clans avec un mépris et une condescendance incroyables.

Le premier tiers, partie apparemment ajoutée inutilement, semble n’être là que pour gonfler un moyen métrage. Pire, à aucun moment la jolie Tery Guzman ne se retrouve enchaînée avec l’actrice comme le montrent les photos d’exploitation. Il s’agit peut-être d’une métaphore. Et si ces liens étaient ceux de certains idéaux des années 70 ?

La réalisation très quelconque de Raphael Nussbaum se contente de mettre platement en images le scénario de Richard Reich, avec son attachante ballade musicale et les gueules de ses seconds couteaux (Joan Blackman, Ed Bishop). Notons toutefois de jolies séquences oniriques vers la conclusion du métrage.

Le DVD en VO est sans sous titrage, tiré d’une copie d’exploitation très abîmée, qui laisse apparaître les ravages du temps. Pourtant, du fait de son étrangeté autant que sa rareté, il serait dommage que les cinéphiles à la recherche de bizarreries ne se précipitent pas sur ce qui est une manipulation surprenante du spectateur découvrant une morale libertaire là où il ne désirait qu’un film déviant de plus.

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Enfin 2 commentaires. Et vous ? »

  1. [...] film d’exploitation américain à petit budget à être traité ici, Pets de Raphael Nussbaum avait beaucoup fait rire l’auteur de ces lignes avec sa jaquette et sa bande annonce pour le [...]

  2. [...] raretés assez intéressantes. Les plus fidèles d’entre vous se souviennent peut-être de Pets, de Raphael Nussbaum, dont nous vous proposions une critique dans nos pages il y a quelques [...]

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