Maison de rendez-vous (Ferdinando Merighi)

Par Sylvain PERRET • 31 déc 2010 • Categorie: Films 1KultContacter l'auteur

Un homme est poursuivi par la police dans les rues de Paris. Tentant de s’échapper, il décide de monter en haut de la tour Eiffel, mais il tombe et meurt. L’inspecteur Pontaine se remémore alors toute l’affaire, à savoir le meurtre d’une prostituée dans un bordel parisien, dont tout semble accuser Antoine, son dernier client, un voleur de petite envergure…

Ce n’est un secret pour personne, en tant que vidéophile, nous ne pouvons cacher notre passion pour le travail impressionnant de certains éditeurs vidéos. Mondo Macabro fait partie de ceux-là, et même si dans la bibliothèque de l’auteur de ces lignes il manque encore quelques titres, chaque nouvel opus au sein de la collection de Pete Tombs se doit qu’on s’y intéresse, tant la collection de plus de cinquante films représente quelques-unes des facettes les plus folles, impressionnantes, étranges et aussi invisibles du cinéma mondial.

Pourtant, c’est dans l’indifférence générale qu’est sorti il y a quelques années French Sex Murders, un giallo italo-allemand aux multiples titres (Casa d’Apputamento dans son pays d’origine, Meurtre dans la 17e avenue et Maison de rendez-vous chez nous). Peu de critiques sur la toile, malgré son casting composé par le gratin du cinéma bis européen des années 70 : Anita Ekberg (La Dolce Vita), Rosalba Neri (Lady Frankenstein), Howard Vernon (Le Diabolique docteur Z, Le Silence de la mer), ainsi que les apparitions (éclairs) de Gordon Mitchell et Barbara Bouchet, mais aussi Robert Sacchi, sosie professionnel de Humphrey Bogart, dans le rôle de l’inspecteur Pontaine.

Maison de rendez-vous est signé F. L. Morris, pseudonyme derrière lequel se cache en réalité Ferdinando Merighi, qui signe ici son troisième et dernier film, avant de retourner dans l’assistanat pour le reste de sa carrière. Signalons enfin que le montage est signé Bruno Mattei, futur réalisateur de Virus cannibale et Les Rats de Manhattan, et que la musique est composée par Bruno Nicolai.

Mais n’oublions pas, et c’est ce qui ressortira de toute cette liste, que la production est signée par le touche à tout Dick Randall connu pour ses roublardises comme Agent zéro zéro, film philippin avec Weng Weng, ses Brucexploitations, quelques films de Pallardy et de Richard Harrison. Des productions de genre selon les modes du moment aux budgets rachitiques, voire inexistants, dont la qualité reste souvent aux abonnés absents.

C’est malheureusement le cas ici, sans le moindre doute. Reprenant les codes du giallo, genre alors en vogue, Ferdinando Merighi s’embourbe dans des sous-intrigues, des ellipses aberrantes à peine masquées par des décors inexistants. Le procès d’Antoine, un voleur de bijoux accusé de meurtre, caché derrière de faux barreaux (des tuyaux en caoutchouc) et s’adressant à un juge hors champ est à ce titre proche du surréalisme tant la séquence est ridicule.

Son évasion, quelques minutes plus tard, sera révélée par un simple message radio. Le montage de Bruno Mattei fait déjà des ravages, et n’aide pas ce grand n’importe quoi (nous passons sous silence les têtes en plastique, les filtres colorés systématiques, les clichés du genre, les effets spéciaux horribles et autres faux raccords incessants) au scénario obscur.

Ce giallo laborieux se déroulant à Paris ne mérite pas trop qu’on s’y attarde, vous l’aurez compris. Saluons néanmoins la jolie musique cheezy de Bruno Nicolai, seul point positif que nous pouvons trouver à ce film étrange.

Le DVD est pour sa part plus intéressant. En effet, l’éditeur Mondo Macabro est parti de plusieurs masters différents afin de proposer la version la plus cohérente possible, à laquelle viennent s’ajouter deux séquences coupées. Le film est en version anglaise non sous-titrée, et les différentes sources se ressentent, mais ne dérangent pas outre mesure le spectateur. Un documentaire intéressant sur Dick Randall est aussi présent. Notons que Mondo Macabro a consacré par la suite deux autres coffrets au producteur : Living Doll et For Your Height Only/Challenge of the Tiger.

FICHE DU FILM

TITRE(S) : Maison de rendez-vous (French Sex Murders)
RÉALISATEUR : Ferdinando Merighi (F. L. Morris)

ANNÉE : 1972 | PAYS : Italie/Allemagne | GENRE : Giallo

RUBRIQUES TRANSVERSALES : Mondo Macabro

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Enfin 3 commentaires. Et vous ? »

  1. [...] French Sex Murders – F.L.Morriss [...]

  2. A noter la présence de Pietro Martellanza (Peter Martell dans de nombreux euro westerns et autres bis européens).
    A signaler surtout la présence d’Evelyne Kraft pour qui ce serait le premier rôle et qui deviendra célèbre pour avoir été la captive du « Colosse de Hong-Kong » pour Ho Meng Hua et la Shaw en 1977 ainsi que « Lady Dracula » pour Franz Josef Gottlieb aux côté de Brad Harris et Stephen Boyd (dans ce qui fut son bref dernier rôle, il mourut la même année).
    Elle interprète le rôle de la fille du docteur interprété par Howard Vernon dans cette production de Dick Randall distribuée en France par Eurociné et se retire du cinéma en 1981. Elle est décédée en janvier 2009.
    Egalement on peut ajouter des effets spéciaux de Carlo Rambaldi.
    A la caméra, un certain Gunter Otto qui se spécialisera dans la production et la réalisation de pornos teutons (Josefine Mutzenbacher, Heidi…) et un Mario Mancini qui réalisera cette année là un « Frankenstein 80″ avec Xiro Papas et Gordon Mitchell croisés sur « French Sex Murders ».
    Si ça c’est pas un exemple de bis….

  3. Pas de nouveau commentaire, juste un moyen pour vous contacter et vous signaler que je ne peux plus lire justement les commentaires. Quelle que soit la page sélectionnée, on me signale des commentaires, il est mentionné par exemple sur cette page :

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