Les Femmes en cage (Masaru Konuma)

Par Sylvain PERRET • 1 avr 2011 • Categorie: Films 1KultContacter l'auteur

Masayo, une jeune femme enfermée dans une prison de femmes, échoue à sa tentative d’évasion. Elle devra survivre entre les gardiennes sadiques, les détenues lesbiennes et la moiteur de l’univers carcéral où l’abstinence est un acte bien difficile…

Female Prisoner : caged ! // Affiche du film de Masaru Konuma

Les amateurs de Pink cinéma connaissent bien le nom de Masaru Konuma, metteur en scène de nombreux films du genre dont les débordements sado-masochistes et le sens graphique ont fait sa réputation. Flower and Snake, La Vie secrète De Mme Yoshino, Une femme à sacrifier ou encore Woman in the Box (comme ici, sur le thème de l’enfermement) ne sont que quelques-unes des productions qu’il réalisa pour le compte de la Nikkatsu durant les années 70. Le genre avait été mis en place pour contrer l’essor de la télévision handicapant sérieusement le cinéma.

Lorsque sort en 1983 Female Prisoner : Caged ! (chez nous Les Femmes en cage), un nouvel ennemi commence lui aussi à mettre en danger ces productions softcore : l’Adult Video. L’apparition des premiers magnétoscopes marginalisent et concurrencent le support 35 mm, en proposant aux spectateurs de profiter chez soi des plaisirs du cinéma érotique. Moins cher à produire, plus « pratique » pour l’érotomane, l’Adult Video tend à supplanter les productions destinées au cinéma, et le genre est alors en pleine mutation.

Female prisoner : caged ! // Photo du film

Le genre tente de se renouveler et il n’est pas improbable que la Nikkatsu devait avoir avec Female Prisoner : Caged ! la volonté de créer une franchise autour du personnage de Madayo. On ne compte pas les similitudes avec la saga Scorpion, autour du personnage de la détenue Sasori (interprétée à l’origine par Meiko Kaji et dont les premiers opus sont mis en scène par Shunya Ito), qui mélangeait habilement les codes du WIP (ou women in prison), expérimentations graphiques et réflexion sur la place de la femme dans la société. Il n’est pas anodin en ce sens que la Nikkatsu ait proposant le projet à un des réalisateurs de son écurie qui a fait ses preuves dans ce domaine.

Dès le début, lors d’une séquence d’onanisme où une détenue se procure du plaisir dans ce qui sera l’un de ses rares moments de solitude, Masaru Konuma donne le ton du film en devenir : moite et poisseux. Le réalisateur se plaît à mettre en valeur les sécrétions corporelles, en alternant gros plan sur les parties intimes de la comédienne et des plans plus larges où se tortille son corps en sueur.

Cet aspect charnel, humide, poisseux ne se limitera pas qu’à cette séquence. Plusieurs fois, la température excessive est évoquée, et les vêtements des protagonistes laissent apparaître des traces du climat. Plus loin, le personnage principal voit la semence de son amant lui couler sur la jambe, ce qui mettra en transe les autres détenues, allant chercher du plaisir auprès d’ouvriers travaillant derrière la clôture. Malheureusement, à aucun moment le spectateur ne ressent véritablement cette chaleur, somme toute très artificielle à l’image.

Female prisoner : caged ! // Photo du film

Plusieurs points diffèrent ensuite de la saga Scorpion. Tout d’abord, Masura Konuma semble peu inspiré et, mis à part les dernières dix minutes, renouant avec le bondage et le sado-masochisme qui ont fait sa réputation, il faut bien avouer que la mise en scène est beaucoup trop sage, surtout que le genre nous a généralement habitué à plus d’audace.

Autre point noir à rajouter au passif du film, l’actrice principale Mina Asami, très mignone au demeurant, traverse le film en serrant poings et mâchoires dans un jeu qui n’a rien de convainquant. La filiation avec l’héroïne Sasori est alors évidente dans ce qui au final apparaît autant comme une pâle copie qu’un mauvais remake.

Le scénario se perd dans diverses séquences annexes plus ou moins conséquentes (saphisme entre détenues, relation entre l’aumônier et une gardienne, viol punitif d’une détenue victime d’un quiproquo). Le film n’a certainement pas su convaincre, arrêtant ici les aventures de Masayo. D’une durée de 70 minutes, à l’instar de nombreux films du genre, Female prisoner : Caged ! s’avère au final bien anecdotique quoique jamais désagréable, et ne devrait réellement satisfaire que les complétistes.

Female Prisoner : Caged ! // DVD Mondo Macabro

Le film est sorti en DVD chez Mondo Macabro dans une version sous-titrée en anglais. Encore une fois, il faut noter l’excellent travail éditorial : plusieurs textes de Pete Tombs, le documentaire sur le genre déjà présent sur les autres disques de la collection, ainsi qu’une passionnante présentation de Jasper Sharp, auteur du livre essentiel sur le sujet : Behind the Pink Curtain. L’image et le son ne présentent aucun défaut particulier, et le disque n’est pas zoné.

Wild Side sortira bientôt le DVD au sein de sa collection sous le titre Les Femmes en cage.

FICHE DU FILM

TITRE(S) : Les Femmes en cage (Female prisoner : Caged !/Joshû ori / The Prison Heat)
RÉALISATEUR : Masaru Konuma
ANNÉE : 1983 | PAYS : Japon | GENRE : Pinku Eiga

RUBRIQUES TRANSVERSALES : Mondo Macabro

Female prisoner : caged ! // Photo du film

Female prisoner : caged ! // Photo du film

Female prisoner : caged ! // Photo du film

Female prisoner : caged ! // Photo du film

Female prisoner : caged ! // Photo du film

Female prisoner : caged ! // Photo du film

Female prisoner : caged ! // Photo du film

Female prisoner : caged ! // Photo du film

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Enfin 4 commentaires. Et vous ? »

  1. ill y a quand même une superbe scène près du grillage avec les ouvriers, ahlala le roman-porno 80s … :)

  2. Oui, mais j’ai quand même trouvé qu’il manquait de patate, de peps, surtout connaissant le réal… quoi qu’il en suit, c’est sympatoche, mais c’est dommage que le tout ne décolle pas vraiment (surtout avec Konuma derrière la caméra) !
    ;)

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