Les Traqués de l’an 2000 (Brian Trenchard-Smith)
Par Sylvain PERRET • 22 avr 2011 • Categorie: Films 1Kult • Contacter l'auteur1995, dans un futur proche. Un état totalitaire s’est mis en place sur le monde, et impose sans pitié son pouvoir sur les citoyens. Ceux qui ne se plient pas sont envoyés dans un camp de redressement pour être rééduqués. L’un de ceux-ci, tenu par l’infâme Thatcher, accueille des prisonniers dont certains servent parfois aux distractions des hommes du pouvoir, dans une chasse à l’homme impitoyable…

Depuis toujours, des cinéphilies exotiques et alternatives ont poussé en marge des productions hollywoodiennes pour offrir un regard plus ou moins neuf sur le cinéma de genre. L’Italie, l’Angleterre, Hong Kong, le Japon, et aujourd’hui la Corée et l’Espagne proposent au spectateur des films au ton résolument différent.
Les Traqués de l’an 2000 est le parfait représentant du cinéma d’exploitation australien, aussi appelé Ozploitation. Réalisé au milieu de films comme Mad Max, Long Weekend, Razorback, Patrick, Harlequin ou encore Soif de Sang, il apparaît non pas comme une œuvre majeure, mais comme un film de pur divertissement visant l’efficacité.
Pour cela, le réalisateur Brian Trenchard-Smith plonge ses personnages dans une histoire ample qui commence comme un film de prison avant de virer brutalement à une relecture de La Chasse du comte Zaroff où les protagonistes sont poursuivis par l’horrible Capitaine Thatcher, référence évidente à la ministre britannique. L’outrance et le grand-guignolesque sont donc au rendez-vous, aidés par un format scope, des décors magnifiques, une musique signée par le compositeur de Mad Max Brian May, ainsi qu’une poignée d’acteurs internationaux (les seconds couteaux Olivia Husey, Steve Railsback, Michael Craig, Carmen Vega).
L’action est plutôt efficace à défaut d’être originale, et le réalisateur saupoudre sa mise en scène de quelques passages gores, d’explosions, de poursuites, ce qui a tendance à sombrer dans un excès flagrant, comme ce personnage de monstre totalement inutile.

Mais la patine du temps aidant, Les Traqués de l’an 2000 se regarde aujourd’hui avec un certain plaisir coupable. Pourtant, tant le réalisateur que le casting, tous s’accordent dans les deux documentaires assez stupéfiants disponibles sur le DVD à dire que le film est mauvais, avec une sincérité qui à aucun moment ne se cache derrière une quelconque langue de bois.
Nous apprenons notamment que le film devait débuter avec une première partie dans l’esprit de 1984 et montrant les dérives totalitaires. Malheureusement, le budget et le temps de tournage chutèrent drastiquement quelques semaines avant le premier tour de manivelle. Brian Trenchard-Smith avoua avoir fini le film tant bien que mal, mais se dédouanant à moitié du résultat. Quant aux acteurs, ils vont jusqu’à comparer le film à un des pires navets jamais vus. Pourtant, un autre comédien aura une déclaration plus juste en décrivant le film comme « un Walt Disney pour adultes ». Une définition qui colle parfaitement bien ici, et qui convient de plus à tout un pan du septième art : le cinéma bis.
Le DVD, proposé il y a quelques années avec la revue Mad Movies, s’avère essentiel pour ses suppléments, et par le fait qu’il propose Les Traqués de l’an 2000 dans son format d’origine, et dans une version intégrale non censurée. Petit bémol, seule la VF d’époque est disponible…
FICHE DU FILM
TITRE(S) : Les Traqués de l’an 2000 (Turkey shoot – Escape 2000 – Blood Camp Thatcher)
RÉALISATEUR : Brian Trenchard-SmithANNÉE : 1982 | PAYS : Australie | GENRE : Aventure

[...] à de jolies séquences d’action dans les plaines australiennes (Mad Max de George Miller, Les Traqués de l’an 2000 de Brian Trenchard-Smith), mais aussi chez nous à des essais assez remarquables (Le Bunker de la [...]