DVD & BR // Un inédit de Lubitsch restauré !

Par Sylvain PERRET • 6 oct 2011 • Categorie: Focus, NewsContacter l'auteur

Comme vous le savez certainement, dans l’immense quantité de films muets (d’avant 1927, donc), un grand nombre d’entre eux ont été détruits ou perdus. Parmi les plus célèbres, Four devils de Murnau ou London After Midnight de Tod Browning sont régulièrement cités en exemple mais ils sont des milliers à être définitivement disparus à tout jamais, signés d’inconnus ou bien de maîtres comme Hitchcock, Wellman, Capra, Fleming, Hawks, Von Stroheim, Ford et tant d’autres…

La Femme du pharaon // Photo

Régulièrement, une de ces pépites réapparaît et est restaurée, à l’instar de Metropolis, aujourd’hui presque entièrement complet. La restauration avait pris quelques années, mais le résultat était à la hauteur des attentes, et cette découverte extraordinaire (une copie 16 mm à Buenos Aires) avait été justement salué. Mais l’équipe chargée de la restauration ne s’est pas arrêté en si bon chemin, et nous apprend aujourd’hui que La Femme du Pharaon (Das Weib des Pharao) de Ernst Lubitsch vient de subir un lifting dont les premières images sont tout bonnement magnifiques :

Réalisé en 1922, il s’agit de l’avant-dernier film tourné par le cinéaste en Allemagne avant de s’exiler aux Etats-Unis pour signer des films comme Haute Pègre, Sérénade à trois, Ninotchka, The Shop Around the Corner, Jeux dangereux, et tant d’autres. Si le film était visible, c’était dans une version différente et abîmée :

Longtemps, le film n’était visible que dans sa version raccourcie en noir et blanc, jusqu’à ce que le Bundesarchiv-Filmarchiv et le Filmmuseum de Munich confie sa restauration numérique à une société spécialisée, Alpha-Omega digital. Le travail se fait à partir de deux copies nitrate colorisées, l’une provenant du Gosfilmofond, les archives nationales russes, l’autre d’un musée américain, le George-Eastman-House. Des fragments retrouvés et des intertitres rendent à présent compréhensibles les ellipses de l’intrigue. Mais surtout, les couleurs d’origine qui participent de l’effet monumental du film, ont été restaurées. La musique originale, conservée à la Akademie der Künste de Berlin, a été retravaillée et enregistrée par l’orchestre du WDR.

Arte.tv

Récemment diffusé sur Arte, le film est en train de faire le tour de quelques soirées spéciales dans les salles du monde entier. Alpha-Omega, la société qui s’est occupée de la restauration, nous a fait parvenir un mail nous apprenant la sortie à la fin de l’année en DVD et Blu-ray en Allemagne chez eux. Excellente nouvelle, la copie sera proposée dans plusieurs « langues » (comprenez : avec des cartons traduits dans diverses langues) dont l’allemand d’origine, l’anglais… et le français !

Aucune date n’est à ce jour connue, mais il est question de la fin de l’année 2011. Le film sera commandable d’ici là directement sur le site de l’éditeur, accessible ici. Retrouvez quelques photos ci-dessous :

La Femme du pharaon // Photo

La Femme du pharaon // Photo

La Femme du pharaon // Photo

La Femme du pharaon // Photo

La Femme du pharaon // Photo

La Femme du pharaon // Photo

Finissons en précisant que Arte diffusera ce mois-ci dans sa case muet un autre film de Ernst Lubitsch de sa période allemande : La Princesse aux Huîtres, une comédie assez peu connue et rare.

Source : Alpha-Omega // Arte

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Enfin 4 commentaires. Et vous ? »

  1. Etonnant, il y a du monde, des moyens…

    Cela dit, truc qui m’échappe : ce besoin de coloriser au stabilo boss, c’est laid ! Si le coloriage est d’époque, ben, tant pis… Si c’est une fantaisie à la c*** d’aujourd’hui, alors là, il y a de quoi se fâcher tout rouge. Pourquoi ne pas ajouter une piste audio avec des dialogues tant qu’on y est ?

    Vous imaginez The Kid (1921) avec des passages roses, des passages verts, des passages orange ?

  2. Ah ben, il semble que ce soit un barbouillage d’époque…

    « L’usage des couleurs, quelque peu arbitraire au départ, a donné progressivement naissance à un système de symboles, chaque couleur étant associée à une signification particulière : le rouge aux scènes d’amour, le bleu à la nuit, le vert aux scènes en extérieur, etc. »

    Misère ! C’est un peu comme les sous-titres malentendants « made in France ».

  3. Oui, j’allais te répobdre : la restauration a été faite à partir de copies d’époque… ;)

  4. Très bonne nouvelle cette sortie. C’est sans aucun doute le meilleur film dramatique de cette première période muette du cinéaste… Un excellent film historique, soigné, bien joué et avec un scénario bien écrit. D’ailleurs il semblerait que Lubitsch en fait une relecture avec « the patriot » qui lui a bel et bien disparu… Ce qui est vraiment dommage car ce qui en a survécu (une bande-annonce et une bobine de 10 minutes) avait l’air d’un chef d’œuvre. On y retrouve même Emil Jannings.

    Pour les teintes, je trouve ça bien l’ensemble… quand c’est bien fait, comme d’habitude… Et c’est le cas dans cette version ci… Ca participe au rythme, à l’identité d’une séquence, à la fluidité narrative (avec les versions teintées de certains films, on réalise « enfin » que des passages se déroulaient en fait de nuit – ce qu’une version en noir et blanc ne pouvait préciser).
    C’est comme si comme si on reprochait à un film en couleur de proposer plusieurs couleurs principales à sa gamme chromatique.
    Après, bien-sûr tous les cinéastes n’optaient pas pour ce genre de procédé.

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