White Rose Campus: Then Everybody Gets Raped (Koyu Ohara)

Par Sylvain PERRET • 30 déc 2011 • Categorie: Films 1KultContacter l'auteur

Une classe de lycéennes part en bus pour une sortie scolaire. Sur le chemin, trois pervers s’emparent du bus dans l’espoir d’assouvir leurs fantasmes les plus crus.

White Rose campus // Affiche

Koyu Ohara est un réalisateur nippon qui a fait ses armes dans le cinéma d’exploitation, et notamment le cinéma érotique de la Nikkatsu : le Roman Porno. Ce touche-à-tout extrêmement prolifique signa plusieurs dizaines d’œuvres du genre. Commençant sa carrière comme assistant, puis cinéaste pour la Nikkatsu, il signe plus de 40 pinku eiga, passant d’une mode à l’autre, d’un courant à l’autre, sans le moindre problème, allant de la nunsploitation (Sins of Sister Lucia) au film sadomasochiste (Fairy in a Cage, Rope Hell avec Naomi Tani), de la comédie au women in prison, en passant par le drame, etc.

En 1982, l’âge d’or du Roman Porno souffre de l’arrivée de l’Adult Video, plus explicite et disponible sur support ménager. Les budgets s’en ressentent, et il signe cette année-là son dernier film du genre : White Rose Campus: Then Everybody Gets Raped aussi connu sur le nom de I Spit On Your Bus. Arrivé en fin de vie, le genre devient une parodie de lui-même et ne se renouvelle que dans la vulgarité, mamelle principale de cette production de seconde zone tournée avec aussi peu de Yens que d’idées de mise en scène.

Dès le début, nous découvrons les limites du budget. Le film ayant été tourné dans très peu de lieux, les deux tiers se passent intégralement dans un bus. Très peu de musiques sont utilisés, et la caméra est plus souvent sur une épaule que sur un pied. L’histoire est elle aussi assez simple, et nous suivons trois malfrats qui prennent en otage les passagères du véhicules en route vers un voyage scolaire. Ces jeunes filles vont alors subir les pires outrages, entre viols collectifs, inceste et humiliations en public. Comme souvent, le manque d’argent se transforme en transgression gratuite.

White Rose Campus // Photo

Avant…

Le point de non retour est atteint dès les 10 premières minutes où un personnage va s’adonner à une séance de masturbation dans les toilettes publiques des femmes, en reniflant des tampons usagés (sic) qu’il finira par se mettre dans la bouche (re-sic). Pointer du doigt chacune des incohérences scénaristiques du film serait un peu vain, ce qui n’est pas le soucis du cinéaste. Koyu Ohara ne se prend pas au sérieux et s’autorise tous les excès jusqu’à une révélation finale inattendue et tentant artificiellement de justifier l’heure précédente. Mais en demandions-nous tant ?

Le résultat est une sorte de cartoon pour adultes complètement fou et amoral. Alors que les trois preneurs d’otage libèrent une partie du bus en choisissant les plus moches, ces dernières, loin d’être soulagées de sortir de cet enfer, sont vexées d’être choisies. La dernière séquence ira jusqu’à, après un nouveau viol des pauvres jeunes filles, montrer ces dernières repartir le lendemain sourire aux lèvres.

White Rose Campus // Photo

… et après

Ami du bon goût, passe ton chemin. Koyu Ohara, probablement conscient de ne plus rien avoir à offrir dans le genre, concurrencé par la VHS, atteint les dernières limites morales qu’il explosera avec une conclusion des plus douteuses. Il faudra donc appréhender White Rose Campus: Then Everybody Gets Raped au second ou au troisième degré, comme ce fut le cas lors de son passage à la Cinémathèque Française lors d’une soirée bis en décembre 2011, pour y trouver un certain plaisir. Mais que l’on ne s’y trompe pas : aussi hilarant puisse être le spectacle, il n’en demeure pas moins nauséeux.

White Rose campus // Affiche

Les complétistes qui n’ont pu assister à la séance exceptionnelle de cette soirée bis à la Cinémathèque Française ne pourront que difficilement trouver des informations sur un DVD disponible. A notre connaissance, il existerait un DVD japonais sans que nous ne sachions si des sous-titres anglais sont présents…

FICHE DU FILM

TITRE(S) : White Rose Campus: Then Everybody Gets Raped (I Spit On Your Bus / Shirobara gakuen: Soshite zen’in okasareta)
RÉALISATEUR : Yasuharu Hasebe

ANNÉE : 1982 | PAYS : Japon | GENRE : Pinku Eiga

White Rose Campus // Photo

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